Aidons les Réfugiés, réactions

Harcèlement étatique des familles albanaises.

La LDH dénonce aujourd’hui la situation dramatique d’une famille albanaise à la rue à Brest, dont les deux très jeunes enfants sont malades.

Le refus de prise en charge en hébergement d’urgence par la préfecture se double d’un refus du tribunal administratif de reconnaître l’urgence de la situation.

Les familles demandeuses d’asile à la rue subissent depuis de très longs mois un véritable harcèlement étatique de la part de la sous-préfecture du Finistère. L’État macronien aujourd’hui, comme L’État socialiste hier, mène une politique xénophobe et totalement contraire au respect des droits humains, ici comme à Calais, Grande-Synthe ou la Chapelle.

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Réseaux que tout le monde – sauf le maire- appelle sociaux.

Certains auront peut-être noté la destruction de mon compte Twitter personnel (@JulieLeGoic) qui servait aussi à partager les communiqués et autres infos de Partage Solidarité (dont le compte Twitter @PartageSolidar est toujours maintenu pour le moment mais qui ne fait que relayer les articles de ce blog).

Ce départ de Twitter est motivé par non seulement la viabilité confirmée du réseau social fédéré Mastodon (500 caractères, des instances déconcentrées, un outil open-source), mais aussi par les graves manquements de Twitter France à ses obligations de modération. On ne compte plus les comptes d’ activistes (de gauche, anticapitalistes ou défenseurs des droits humains) fermés, alors que les signalements des propos racistes, sexistes, homophobes, menaçants n’amènent souvent aucune réaction de la part du réseau à l’oiseau bleu.

L’an dernier,  au cours d’une interview au Canard Enchaîné au sujet de la politique de  modération de Twitter France,  j’avais dit que j’attendais avec impatience l’alternative libre et ouverte. Elle est là, elle fonctionne, elle rassemble des centaines de milliers d’utilisateurs !

Pour suivre les principaux contributeurs de Partage Solidarité sur Mastodon :

« Deux instances, deux ambiances« , mais nous conseillons plutôt une inscription sur mamot.fr , l’instance de la Quadrature du Net.

Le compte Partage Solidarité est créé :  @PartageSolidar !

[EDIT : on me signale que cette recommandation n’est pas des plus cohérentes pour garantir l’aspect déconcentré de Mastodon.  C’est pas faux. Je vous rajouter donc ce lien qui permet de découvrir d’autres instances : https://instances.social/ ]

 

En attendant peut-être bientôt un hébergement  proposé par une association brestoise ?

 

Aidons les Réfugiés

Mohammed Bashir Haji doit rester ici !

par Julie Le Goïc et Alexandre Lhomme.

Mohammed Bashir Haji doit rester ici ! 

#JourneeMondialeDesRefugiés

Ce matin, à 5h, une petite vingtaine de militants de la Ligue des Droits de L’Homme de Brest et Quimper, de Zéro Personne à la rue, s’est retrouvée à l’aéroport de Brest-Guipavas, avant l’arrivée de Mohammed Bashir Haji, convoqué par la préfecture pour être expulsé vers le Danemark, puis la Somalie. Ce journaliste déjà ciblé en Somalie pour son indépendance avait échappé de peu à un attentat, qui avait coûté la vie à son caméraman avant de fuir pour l’Europe. Depuis quelques jours, Reporters sans Frontières et le Syndicat National des Journalistes, avec d’autres organisations syndicales nationales, et un article dans l’Humanité, ont permis d’alerter les pouvoirs publics sur la situation de Mohammed. Le temps administratif et le temps politique n’étant pas toujours accordés, il fallait absolument mobiliser les passagers et l’équipage pour empêcher l’expulsion. Les militants de la LDH et de Zéro Personne à le Rue (comme Hugo cité dans l’article de L’Humanité, encore présent ce matin) sont sur le pont depuis plus d’une semaine avec les expulsions qui s’enchaînent ici.

Il est très difficile de décrire ce sentiment d’urgence absolue qui nous a saisi : Mohammed risque la mort, nous DEVIONS convraincre. Nous ne pouvions pas échouer…

Ce que nous avons rencontré ?

De l’indifférence, beaucoup.

Nombre de soutiens présents, rompus, de par leurs activités politiques, syndicales ou militantes, à des accueils tièdes et des refus polis lors de leurs séances de tractage, sont malheureusement habitués à ces marques de désintérêt.

Sauf que l’on parle ici d’un homme présent à quelques mètres de là, destiné à une mise en danger certaine en cas de retour en Somalie, et qu’un simple refus de boucler sa ceinture pourrait mettre, au moins temporairement, en sécurité.

Comment interpréter alors ces simples « merci » que l’on sent prononcés par pure politesse, ces « Désolé, je suis pressé » de voyageurs arrivés bien avant l’heure, et que l’on retrouvera plus tard au café, ces « je le lirai dans l’avion » prononcés avec si peu de conviction ?

Des paroles gênées de tristes citoyens qui ont, dans le moins pire des cas baissé les bras, sinon refusé de les lever, si tant est qu’ils l’aient déjà fait.

Pour cette frange de la « France qui se lève tôt », une mort certaine semble être moins intolérable que de rater sa correspondance.

Au-delà de l’indifférence (au secours on dirait un titre de Johnny) Il y avait aussi, et c’était le plus dur à affronter, des paroles odieuses : « un de moins », « il retourne chez lui, il devrait être content »… Remarques peu nombreuses, heureusement, mais posées de façon goguenarde par des personnes fières de nous étaler cette haine de ce journaliste qui, à côté d’eux, allait s’envoler vers la mort.

Le plus édifiant a été la réaction du personnel de bord, de jeunes femmes proprettes, qui ont traversé les militants comme si elles marchaient sur un podium de défilé, un regard à gauche (pas trop à gauche), un regard à droite, un geste hautain pour refuser les tracts, et puis l’intervention de leur doyenne : « on est là pour travailler, on ne peut pas s’intéresser à chaque situation… ». La fin de non recevoir, nette, tranchante, a un moment déprimé les militants présents, qui comptaient beaucoup sur une solidarité active du personnel de bord, le mieux placé pour interrompre l’expulsion de Mohammed. Il nous semblait qu’il y avait des consignes syndicales qui allaient dans ce sens…
Autre réaction négative, ce jeune hipster, à la moustache gominée, qui m’explique qu’il s’en va pour quelques semaines et veut passer le moment restant avec ses parents. J’insiste sur le caractère « de vie ou de mort » de la situation de Mohammed, sur le caractère national aussi avec le soutien de Reporters Sans Frontières  : « désolé, ça ne m’intéresse pas ». Le père intervient alors :  » de toute façon, vous mentez, la France n’expulserait pas vers un pays dangereux ».

Mais heureusement il y a eu ces moments, précieux,  de résistance : ainsi, cette famille accompagnant une très jeune femme, et qui unanimement s’écrie qu’il faut faire quelque chose, et qui félicite la jeune fille qui assure qu’elle ne bouclera pas sa ceinture, si Mohammed monte à bord.  Sa sœur et ses parents, fiers et émus de l’acte de résistance qui engage ainsi leur famille. Et tous de nous remercier : pour les avoir prévenus, pour le boulot fait, pour tenter de sauver Mohammed. Nom d’une pipe, il y a un espoir terrible qui naît de ce genre de rencontre. Merci à eux.

La suite est dans la presse : Mohammed est rentré dans l’aéroport, les policiers présents ne sont pas venus le chercher. Nous étions confus, sans trop savoir quoi dire ou quoi faire. S’agissait-il d’un signe de bonne volonté de la préfecture ? S’agissait-il d’un piège qui ferait de lui un « fugitif » puisque n’ayant pas embarqué et qui ruinerait alors tous ses projets de demande d’asile en France ?
L’avion est parti alors que nous étions tous, avec Mohammed, dans le hall. Son visage s’est alors étonnamment affermi, éclairé. Il avait gagné une journée.

 

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Soutien à Pierre-Yves Cadalen pour les législatives de Brest-Centre.

La confiance aveugle n’est plus de mise en politique, et ce ne sont pas seulement les tracts ou la campagne de Pierre-Yves Cadalen mais surtout sa personne et ses idées qui ont su me convaincre qu’il sera un épatant député de gauche pour Brest.

Il porte enfin, avec ceux qui militent à ses côtés, ce que je ne croyais plus possible dans notre ville gérée par un parti socialiste viré à droite : l’espoir.

Hier soir le candidat de la France Insoumise nous a offert une première victoire, en dégageant Patricia Adam et le parti socialiste.

A nous de lui permettre dimanche prochain une seconde victoire en dégageant le candidat de Macron !

A nous aussi de soutenir ensuite notre député Insoumis en nous organisant pour défendre ici nos acquis sociaux qu’il défendra à l’Assemblée Nationale. Voter ne suffit pas. Nous allons devoir lutter.

conseil municipal de Brest, Lectures

Et pourtant je m’élève, par Maya Angelou

Le conseil municipal du 11 mai a voté pour une rue au nom de Maya Angelou, magnifique poétesse noire américaine, une militante des droits civiques, des droits humains. L’un de ses poème, « And Still I Rise », est une ode lancinante et fière pour la femme noire américaine.  J’ai lu ce poème en conseil, en hommage à la poétesse, mais aussi au combat d’Assa Traoré que m’évoquent ces vers.

#Justice pour Adama.

Et pourtant je m’élève, par Maya Angelou

Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,

Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?

Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.

Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.

Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?

Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.

Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?

Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

Traduit par Olivier Favier. Extrait du recueil And still I rise, 1978.

 

 

conseil municipal de Brest

Merci Patron !

 

Ce 11 mai 2017, le conseil municipal de Brest, à la quasi-unanimité –moins ma voix- a voté le renouvellement du contrat de Délégation de Service Public (DSP) à la Sodexo. Le délégataire n’avait qu’un seul concurrent, aux propositions très légèrement différentes, à l’exception notable des « frais de siège et de structure » plus de 2 fois plus élevés pour la Sodexo.

Au-delà des discours convenus sur la satisfaction de voir le bio porté à 60 ou 80% des produits, il convient de rappeler que l’entreprise Sodexo est une entreprise aux pratiques souvent épinglées (voir l’article Sodexo, une histoire de casseroles , de Benoît Bréville et Léonard Sompairac, in Le Monde Diplomatique, août-septembre 2015) : inégalité des salaires (le PDG gagne 170 fois plus que le salaire plus bas de l’entreprise), scandales alimentaires, corruption passive des élus de Charleroi, laxisme sur l’hygiène des cantines marseillaises…

La Sodexo c’est aussi 250 dossiers de sans-papiers illégalement licenciés portés devant la justice par la CGT en 2016.

La Sodexo c’est enfin son fondateur Pierre Bellon, 291ème fortune mondiale (classement Bloomberg Billionaires Index) avec pas moins de 5,5 milliards de dollars (2 milliards en 2010). La fortune de cet heureux membre du club des 500 personnes les plus riches du monde vient directement, toujours d’après Bloomberg, de la Sodexo, qui restera d’ailleurs dans le giron de la famille Bellon jusques 2058. Les quatre enfants Bellon sont ainsi tous employés de l’entreprise, la fille Sophie Bellon en étant même présidente depuis 2016. Sodexo tient à cette image d’entreprise familiale, qui séduit les élus et permet de faire oublier le gigantisme de la multinationale qui œuvre aussi bien dans la restauration scolaire que dans celle des prisons américaines… Le récit fondateur de Sodexo est d’ailleurs bien rôdé, qui met en avant les débuts artisanaux du « self made man » dans le garage de son oncle. Si le « garage du tonton Fernand » est souvent cité dans les articles à la gloire de Pierre Bellon, on trouve nettement moins de mention de sa luxueuse demeure de Gémenos, dans la périphérie de Marseille.  A peine celle-ci est-elle évoquée dans un article de l’Express sur la haute et très haute bourgeoisie marseillaise de l’ère post-Deferre.

Chaque euro dépensé par les familles brestoises pour la cantine scolaire ira donc enrichir directement ce multi-milliardaire marseillais, avec le soutien affiché des élus communistes et écologistes , ou encore de Patrick Appéré (BNC).

Nul doute qu’on peut alors laisser le mot de la fin à Pierre Bellon lui-même, et au titre évocateur de son autobiographie : « Je me suis bien amusé ! ».

 

conseil de Brest Métropole, conseil municipal de Brest

Budget 2017 et open data.

Ceux qui s’intéressent un peu aux documents financiers de la Ville et de la Métropole de Brest le savent : les documents sont peu accessibles (le site Brest.fr   n’en propose que quelques années) et surtout ils sont proposés en format pdf, ce qui n’est pas exploitable. Les élus le reçoivent d’ailleurs sous cette forme, pire, sur une application pour tablette Apple (KBOX) qui ne permet pas l’extraction, et qui ne permet pas non plus les filtres ou opérations possibles avec d’autres formats et d’autres outils. La dématérialisation sous couvert d’ « économie de papier » pouvait sembler une bonne idée au départ, mais les choix techniques faits nous emmènent vers une très grande opacité.

Après de nombreuses et vaines requêtes pour obtenir le budget au moins en format tableur, après même une interpellation des élus concernés en conseil municipal, je me suis tournée vers la communauté de Mastodon (ce réseau social émergent qui dépote et propose une alternative libre et ouverte à Twitter, mais je m’égare). Je cherchais une solution pour proposer le budget -pour commencer, la partie concernant les subventions aux associations et autres- en format odt, csv, xml. Sur les conseils de nombreux « mastonautes » j’ai utilisé le logiciel Tabula, développé pour les besoins spécifiques des journalistes d’enquêtes. L’outil n’est pas parfait, mais il m’a permis de « libérer » ce budget en quelques heures (3h30 précisément), avec essentiellement du travail de remise en forme.

Voici donc le résultat de ce travail : le budget prévisionnel 2017 de la Ville de Brest des pages 137 à 150 du pdf téléchargeable sur le site de la Ville, aux formats ods et csv  est disponible sur la page Open Budget de ce blog.

EDIT : suite à ces publications et à une nouvelle demande aux élus concernés, les budgets 2014-2017 en xml, csv, xls sont disponibles, toujours sur la page Open Budget.  Leur lisibilité sera améliorée par la publication prochaine des explications des entrées des tableurs.

réactions

Election présidentielle

#SansMoiLe7Mai

Ce hashtag qui fleurit depuis hier soir, en réaction à la stupeur de voir à nouveau un duel droite / extrême droite au second tour de l’élection présidentielle illustre parfaitement la fin de l’illusion du « front républicain ».

A Partage Solidarité, nous avons pour la plupart voté Philippe Poutou. Certains se sont abstenus aussi. Mais aucun d’entre nous n’ira voter Macron ou Le Pen au second tour.

Que l’ultra-libéralisme se débrouille face au fascisme, notre combat n’est pas là. « Nos luttes et nos rêves »1 : , c’est au quotidien et c’est dans la rue qu’ils s’exprimeront.

Pour l’accueil des exilé.e.s, pour la paix, pour la protection de la biodiversité, pour nos acquis sociaux passés et à venir ! Luttons !

 

1. « Les luttes et les rêves : une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours« , par Michelle Zancarini-Fournel, Zones, 2017.

GCUM

Stationnement vélo aux Capucins, lettre au Président de Brest Métropole.

 

Objet : stationnement vélo aux Capucins.

Monsieur le Président,

Même si je ne doute pas que vous soyez parfaitement au courant de la situation, je tiens à nouveau à vous faire partager les difficultés rencontrées par les cyclistes qui se rendent aux Capucins (oui, Monsieur Le Président, il y a des cyclistes à Brest, et nul doute qu’une enquête ménage réalisée comme il se doit en montrerait l’importance numérique) : en effet, aucun stationnement vélo n’est installé et les équipements de type «rambardes d’escaliers » et autres « gros poteaux industriels », quoique fort jolis, sont hélas non prévus à cet effet, et loin de pouvoir satisfaire aux besoins des usagers de la bicyclette.

J’ai déjà soulevé ce problème en Conseil de Métropole, et votre Vice-Président aux transports m’avait alors assuré-promis-juré qu’il était prévu une installation de 80 arceaux. Les mois passent, les Capucins s’étoffent, mais toujours aucune installation pour les vélos. Un oubli, peut-être ?

Les Capucins sont une véritable réussite en terme d’usages populaires et d’appropriation par les habitants : les jeunes et moins jeunes sont nombreux à y venir en rollers, trottinettes, vélos. Oui, pardon, j’allais oublier, en téléphérique aussi. Mais si la Médiathèque des Capucins est équipée d’un espace pour recevoir les usagers en rollers ou en trottinettes, rien n’est prévu pour les vélos, et le bricolage actuel consistant à stocker les vélos devant l’entrée ne pourra pas durer bien longtemps.

Je vous demande donc à nouveau des précisions sur l’installation annoncée de ces 80 arceaux : quels sont les délais ? Quelles solutions temporaires peuvent être mises en place par la collectivité en attendant ? Ces questions nous amènent au sujet de fond : quelle prise en compte des modes de déplacements non polluants (et non aériens, hein, je précise) dans le nouveau quartier des Capucins ?

Il est en effet frappant de voir que ce nouveau quartier, dépourvu de tout espace pour stationner les vélos est, en revanche, saturé de voitures garées sur les trottoirs, au mépris des autres usagers, et notamment des personnes à mobilité réduite. A ce propos, peut-être l’ignorez vous, mais le slalom en fauteuil ou en poussette entre un trottoir envahi de voitures et la route n’est absolument pas une discipline olympique reconnue et il n’y a aucune chance de voir Brest pouvoir en tirer quelque gloire, bien au contraire.

D’autres questions se posent donc : le parking souterrain, dont il a récemment encore été décidé de ne réaliser qu’un seul des trois niveaux prévus, est-il déjà saturé ? Les habitants riverains ont déjà tenté d’alerter la collectivité sur ce sujet, y compris par voie de presse. Suite à ces interpellations, quelles solutions sont à l’étude ?

En espérant que vous serez en mesure de répondre à toutes ces questions, vitales pour notre collectivité qui ne peut rester coincée à l’ère des énergies fossiles et du Tout-Bagnole, veuillez agréer, Monsieur le Président, mes sincères salutations.

conseil municipal de Brest

Un conseil de mi-mandat…

Monsieur le maire, chers collègues,

c’est un conseil un peu spécial aujourd’hui, puisque nous allons voter au sujet du budget de mi-mandat. Bien sûr, je ne m’attendais pas en 2014 à passer ce mi-mandat dans les rangs de votre opposition de gauche. Mais bon, personne ne s’attendait non plus à ce que M. Pellicano le passe en tant qu’adjoint après avoir été votre opposition… de droite. Alors certes, cette opposition de gauche que je représente seule semble un peu isolée pour le moment, mais comme mes anciens camarades d’EELV vont certainement tenir l’engagement fait devant leurs militants de partir en autonome en 2020 et pour cela de quitter votre majorité à l’horizon 2019, les rangs devraient s’étoffer un peu. D’ailleurs, il est de notoriété publique que des rencontres ont déjà eu lieu entre les membres minoritaires de votre majorité à ce sujet… La seconde partie de votre mandat risque donc d’être aussi agitée de la première…

A propos d’agitation, ce sont les 1 an du conseil de mars 2016, qui avaient vu 2 sujets s’imposer à vous, des sujets finalement assez tenaces et qui risquent d’entacher durablement votre mandat. D’abord celui de Brest 2016 et de l’éjection de son directeur : il y a un an Mme Malgorn vous demandait en effet combien allait coûter à la collectivité ce licenciement, sans réponse de votre part. L’association Brest Événement Nautique dont vous êtes le président a d’ailleurs déjà été condamnée aux prudhommes sur la forme à 15 000 euros pour procédure dilatoire. Un article de Marianne, publié entre temps, a permis de mieux comprendre que les dessous de ce licenciement semblent bien plus sordides qu’une simple affaire de ressources humaines.

Le second sujet était bien sûr celui des exilés, qui étaient venus appeler à l’aide après plusieurs mois passés dans les couloirs de Coallia, sans lits, sans sanitaires, malgré la présence de très jeunes enfants. Accompagnés de militants des droits humains, ils étaient venus partager leur détresse. On se souvient qu’ après leur avoir fait miroiter la recherche d’une solution, vous aviez choisi de traiter par le mépris leur souffrance. Un mépris doublé quelque mois plus tard d’une véritable violence avec leur expulsion des maisons dans lesquels ils avaient trouvé refuge. Maisons détruites dans la foulée, sous les yeux des enfants exilés. Bon, ce qui est assez dommage, c’est que la justice a jugé cette expulsion illégale. Mais les maisons étant détruites, les exilé.e.s n’ont pas pu les réintégrer. Reconnaissez que c’est ballot. On serait méfiant ou pire, pernicieux, on pourrait croire que cette destruction hâtive avait pour but d’éviter justement un relogement après la décision du tribunal. Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’un an après, rien n’a été mis en place pour permettre un accueil digne des exilé.e.s sur Brest. Pire, vous avez joué la carte sordide de « l’appel d’air » pour expliquer votre inaction en la matière.

Sans vergogne, vous avez assisté hier au meeting du candidat socialiste, un candidat qui tient pourtant un discours clair contre les affaires et pour l’accueil des exilé.e.s. Mais bon, ça n’est pas plus étonnant que de voir les élus PC et BNC soutenir un candidat anti-austérité tout en votant un budget qui, on va le voir baisse la subvention au CCAS et augmente celle à la société anonyme du Stade Brestois. Après tout, dans une République qui permet au candidat de Mme Malgorn de se présenter à l’élection présidentielle tout en étant inculpé pour des faits graves concernant de l’argent public, tout ceci c’est assez logique…