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Ce 11 mai 2017, le conseil municipal de Brest, à la quasi-unanimité –moins ma voix- a voté le renouvellement du contrat de Délégation de Service Public (DSP) à la Sodexo. Le délégataire n’avait qu’un seul concurrent, aux propositions très légèrement différentes, à l’exception notable des « frais de siège et de structure » plus de 2 fois plus élevés pour la Sodexo.

Au-delà des discours convenus sur la satisfaction de voir le bio porté à 60 ou 80% des produits, il convient de rappeler que l’entreprise Sodexo est une entreprise aux pratiques souvent épinglées (voir l’article Sodexo, une histoire de casseroles , de Benoît Bréville et Léonard Sompairac, in Le Monde Diplomatique, août-septembre 2015) : inégalité des salaires (le PDG gagne 170 fois plus que le salaire plus bas de l’entreprise), scandales alimentaires, corruption passive des élus de Charleroi, laxisme sur l’hygiène des cantines marseillaises…

La Sodexo c’est aussi 250 dossiers de sans-papiers illégalement licenciés portés devant la justice par la CGT en 2016.

La Sodexo c’est enfin son fondateur Pierre Bellon, 291ème fortune mondiale (classement Bloomberg Billionaires Index) avec pas moins de 5,5 milliards de dollars (2 milliards en 2010). La fortune de cet heureux membre du club des 500 personnes les plus riches du monde vient directement, toujours d’après Bloomberg, de la Sodexo, qui restera d’ailleurs dans le giron de la famille Bellon jusques 2058. Les quatre enfants Bellon sont ainsi tous employés de l’entreprise, la fille Sophie Bellon en étant même présidente depuis 2016. Sodexo tient à cette image d’entreprise familiale, qui séduit les élus et permet de faire oublier le gigantisme de la multinationale qui œuvre aussi bien dans la restauration scolaire que dans celle des prisons américaines… Le récit fondateur de Sodexo est d’ailleurs bien rôdé, qui met en avant les débuts artisanaux du « self made man » dans le garage de son oncle. Si le « garage du tonton Fernand » est souvent cité dans les articles à la gloire de Pierre Bellon, on trouve nettement moins de mention de sa luxueuse demeure de Gémenos, dans la périphérie de Marseille.  A peine celle-ci est-elle évoquée dans un article de l’Express sur la haute et très haute bourgeoisie marseillaise de l’ère post-Deferre.

Chaque euro dépensé par les familles brestoises pour la cantine scolaire ira donc enrichir directement ce multi-milliardaire marseillais, avec le soutien affiché des élus communistes et écologistes , ou encore de Patrick Appéré (BNC).

Nul doute qu’on peut alors laisser le mot de la fin à Pierre Bellon lui-même, et au titre évocateur de son autobiographie : « Je me suis bien amusé ! ».

 

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