Un conseil de mi-mandat…

Monsieur le maire, chers collègues,

c’est un conseil un peu spécial aujourd’hui, puisque nous allons voter au sujet du budget de mi-mandat. Bien sûr, je ne m’attendais pas en 2014 à passer ce mi-mandat dans les rangs de votre opposition de gauche. Mais bon, personne ne s’attendait non plus à ce que M. Pellicano le passe en tant qu’adjoint après avoir été votre opposition… de droite. Alors certes, cette opposition de gauche que je représente seule semble un peu isolée pour le moment, mais comme mes anciens camarades d’EELV vont certainement tenir l’engagement fait devant leurs militants de partir en autonome en 2020 et pour cela de quitter votre majorité à l’horizon 2019, les rangs devraient s’étoffer un peu. D’ailleurs, il est de notoriété publique que des rencontres ont déjà eu lieu entre les membres minoritaires de votre majorité à ce sujet… La seconde partie de votre mandat risque donc d’être aussi agitée de la première…

A propos d’agitation, ce sont les 1 an du conseil de mars 2016, qui avaient vu 2 sujets s’imposer à vous, des sujets finalement assez tenaces et qui risquent d’entacher durablement votre mandat. D’abord celui de Brest 2016 et de l’éjection de son directeur : il y a un an Mme Malgorn vous demandait en effet combien allait coûter à la collectivité ce licenciement, sans réponse de votre part. L’association Brest Événement Nautique dont vous êtes le président a d’ailleurs déjà été condamnée aux prudhommes sur la forme à 15 000 euros pour procédure dilatoire. Un article de Marianne, publié entre temps, a permis de mieux comprendre que les dessous de ce licenciement semblent bien plus sordides qu’une simple affaire de ressources humaines.

Le second sujet était bien sûr celui des exilés, qui étaient venus appeler à l’aide après plusieurs mois passés dans les couloirs de Coallia, sans lits, sans sanitaires, malgré la présence de très jeunes enfants. Accompagnés de militants des droits humains, ils étaient venus partager leur détresse. On se souvient qu’ après leur avoir fait miroiter la recherche d’une solution, vous aviez choisi de traiter par le mépris leur souffrance. Un mépris doublé quelque mois plus tard d’une véritable violence avec leur expulsion des maisons dans lesquels ils avaient trouvé refuge. Maisons détruites dans la foulée, sous les yeux des enfants exilés. Bon, ce qui est assez dommage, c’est que la justice a jugé cette expulsion illégale. Mais les maisons étant détruites, les exilé.e.s n’ont pas pu les réintégrer. Reconnaissez que c’est ballot. On serait méfiant ou pire, pernicieux, on pourrait croire que cette destruction hâtive avait pour but d’éviter justement un relogement après la décision du tribunal. Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’un an après, rien n’a été mis en place pour permettre un accueil digne des exilé.e.s sur Brest. Pire, vous avez joué la carte sordide de « l’appel d’air » pour expliquer votre inaction en la matière.

Sans vergogne, vous avez assisté hier au meeting du candidat socialiste, un candidat qui tient pourtant un discours clair contre les affaires et pour l’accueil des exilé.e.s. Mais bon, ça n’est pas plus étonnant que de voir les élus PC et BNC soutenir un candidat anti-austérité tout en votant un budget qui, on va le voir baisse la subvention au CCAS et augmente celle à la société anonyme du Stade Brestois. Après tout, dans une République qui permet au candidat de Mme Malgorn de se présenter à l’élection présidentielle tout en étant inculpé pour des faits graves concernant de l’argent public, tout ceci c’est assez logique…

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