Débat d’orientations budgétaires

Vous trouverez ici les documents que j’ai réalisés pour le débat d’orientations budgétaires. Ces documents, vous allez le voir, permettent de montrer que les finances de la ville sont tout à fait bonnes, avec plus de recettes, plus d’épargne et moins de dette. Ces éléments ont été présentés de façon tronquée dans la présentation de la majorité municipale (DOB 2017, bientôt en ligne) pour faire penser à une « érosion » de l’épargne notamment qui justifierait un effort sur les emplois (traduisez : des suppressions) et des baisses de subventions.  J’ai donc décidé de réaliser mon propre rapport d’orientations budgétaires, qui tient compte de l’ensemble des chiffres, avec pour sources les DOB de la Ville de Brest entre 2009 et 2017 (2009 à 2013, indisponibles sur le site Brest.fr sont publié ici), et finances.gouv.fr.

Voici le texte lu en conseil, suivi des documents réalisés (en .jpg pour la lisibilité sur le site mais aussi en pdf pour être facilement téléchargé et diffusé). Bonne lecture !


Monsieur le maire, chers  collègues,

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelles.

La mauvaise nouvelle, c’est que votre rapport d’orientation budgétaire a été mal imprimé et qu’il y manque justement les orientations budgétaires. Avouez que c’est ballot. Je suis donc allée vérifier dans les rapports des années précédentes, et nous avions effectivement une présentation relativement détaillée des choix budgétaires qui seraient ensuite exprimés plus précisément au moment du vote du budget. D’ailleurs, c’est bien l’esprit du code général des collectivités qui impose ce débat un certain temps avant le vote…

La bonne nouvelle c’est que vous pouvez vous rassurer,  les finances de la ville de Brest sont suffisamment saines pour vous éviter ce douloureux coup de rabot sur les personnels et les subventions aux associations que vous vous apprêtiez à commettre, en dépit de toute valeur de gauche.  Prenons donc ce rapport amputé et regardons de plus près les chiffres que vous nous fournissez.

Tout d’abord vous noterez que les tableaux concernant nos finances sont, par erreur sans doute, pour certains amputés de plusieurs années. En effet, si la plupart d’entre eux couvrent la période 2009-2016 , on en trouve qui ne couvre que 2010-2016 ou 2012-2016 ou encore 2013-2016. Et je ne parle même pas des différences d’échelles, d’un tableau à l’autre. Je serais une femme méfiante que je penserais qu’on veut nous orienter vers une lecture orientée de ces chiffres. C’est pourquoi  je me suis permis de compléter les tableaux, avec les sources de vos propres données et avec celles présentes sur le site finances.gouv.fr, je vais donc vous les faire passer. J’ai couvert la période 2009-2016 avec les mêmes indicateurs que ceux que vous avez choisis et en les croisant pour tenter d’en retirer de l’information.

Ainsi, prenons le tableau 1. Dans votre rapport, il ne couvre que la période 2012-2016, et montre une baisse de notre épargne brute. Étonnamment, si l’on regarde la période (que, je rappelle, vous avez choisi de couvrir pour les autres indicateurs) 2009-2016, on se rend compte qu’en fait notre épargne brute est largement supérieure à celle de 2009, et que 2012 est plutôt une anomalie dans la période. Je suis donc allée voir ce que vous disiez de cette épargne brute en 2009, lorsqu’elle était à 10millions dans le rapport 2010 : et bien, vous annoncez que les finances vont bien, que l’épargne brute est rétablie ! Vous pouvez donc être rassuré par vos propres propos : avec 14,8 millions en 2016, notre épargne brute est donc tout à fait saine. C’est tout de même dommage qu’un tableau tronqué induise ainsi en erreur, au point d’envisager de supprimer des postes et des subventions !

Pour les autres tableaux, on notera que, si la population INSEE baisse, en revanche, le produit des recettes fiscales augmente sur la période 2009-2012, ce qui montre que les habitants payent plus d’impôts par foyer fiscal. La DGF diminue mais on constate avec le tableau 3 que le produit DGF + recettes fiscales est globalement stable, la montée de l’un ayant compensé la baisse de l’autre. D’ailleurs le tableau de synthèse montre bien que les recettes ont augmenté sur la période, plus fortement que les dépenses. La différence entre les deux passant en effet de 10 millions en 2009 à 14,8 millions en 2016.

On peut donc résumer la situation de la ville : avec moins d’habitants, mais plus de recettes et avec proportionnellement moins de dépenses, avec une épargne brute largement supérieure à celle de 2009, avec une dette passée de 71 millions à 42 millions et des taux d’intérêt au plus bas, les finances de notre ville vont bien mieux qu’en 2009, ou, d’après vous-même, elles allaient déjà bien. On comprend d’autant moins les mesures d’austérité qui ont fuité en décembre et qui visent particulièrement les compétences de la ville…

Notre ville est formidable, il faut soutenir les fonctionnaires, les projets, les investissements, les associations !

Le document en PDF : DOB2017VdB

 

2 réponses sur “Débat d’orientations budgétaires”

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