Propos introductifs

Monsieur le Président, chers collègues.

Dans une interview donnée hier, votre vice-président Thierry Fayret annonçait le retrait du projet Lamotte et la victoire du collectif de l’Avenir, qui sont réjouissants. Le collectif soudé a su refuser les clivages tentés par M. Fayret qui désignait régulièrement les gentils interlocuteurs et les vilains agitateurs au sein de ce regroupement d’habitants de la Place Guérin. Unis, bienveillants, en discussion permanente, les habitants ont su proposer sur la Place une programmation culturelle de qualité, non pas seuls, mais sans vous. Cette expérience réussie de réappropriation de l’espace urbain a de quoi déplaire à ceux qui ont tout tenté pour étouffer cette vie de quartier sous des tonnes de béton. 

Le projet contesté est retiré. Certes. Mais l’engagement pris en 2006 de construire une salle de quartier doit enfin être tenu. Les habitants en ont démontrés la nécessité. Et puis, vous le savez bien, de toute façon, cette salle se construira. Sans vous, s’il le faut.

Je reviens ici sur les propos tenus par votre vice président en charge du projet, monsieur Fayret. J’avais déjà dénoncé ici même sa légèreté avec la laïcité, l’an dernier, dans ce même dossier, lorsqu’il avait conseillé aux habitants en demande d’une salle municipale d’utiliser celle, paroissiale, sous l’Eglise Saint Louis. Là, c’est sa légèreté vis à vis de la vérité qu’il convient de dénoncer. Il prétend dans un article paru hier matin dans la PQR que des nuisances “jusque 4h du matin” seraient à attribuer au collectif. C’est une approximation insupportable. En effet, les soirées du collectif sont régulées, et s’achèvent aux heures prévues, 20h ou au plus tard 22H. Le collectif, confronté à un mésusage du lieu, l’a, de façon autonome, résolu. Les nuisances se sont déplacées sur la Place, et ça, monsieur le Président vous en êtes directement responsable. En effet, vous avez chassé du centre-ville ceux qui faisaient tâche sur votre BrestLife toute en paillettes et sans vin étoilé. Ceux qui ne peuvent s’alcooliser du vin de vignoble en terrasse des bistrots autorisés ont été priés d’aller siffler leur 8.6 ailleurs. L’arrêté anti-alcool a ainsi nécessairement repoussé des usagers de la Place de la Liberté vers d’autres lieux plus accueillants, comme la Place Guérin. La cohabitation est parfois difficile, les habitants et les professionnels de la place gèrent comme ils le peuvent, en discutant, en prenant les conflits d’usage les uns après les autres. Les chiens qu’il faut attacher ? On met une corde et on discute avec les propriétaires. Le bruit ? Les cafetiers de la place tentent une médiation parfois compliquée. Les propos de M.Fayret sont donc doublement insupportables : il accuse à tort, et il accuse ceux-là même qui régulent une place sur laquelle il est important que tous trouvent leur place.

Avec ou sans vous, l’Avenir sera debout.
ÉDIT : voici le communiqué du collectif « pas d’avenir sans l’avenir ».

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