Intervention préliminaire au conseil municipal du 5 octobre 2016

Monsieur le maire, chers collègues,

Nous voici au premier conseil municipal depuis plusieurs mois. J’en profite pour signaler que le site Brest.fr, vient à peine de mettre en ligne les documents du conseil du mois de mai, malgré des relances régulières sur les réseaux que vous êtes bien seul à ne pas reconnaître comme sociaux. Ce même site ne propose d’ailleurs plus que des liens morts vers les enregistrements audio de nos débats, empêchant ainsi tout contrôle citoyen de la parole des élus. Je précise que les tentatives d’accès ont été faites sur plusieurs systèmes d’exploitation différents. On espère que ce n’est qu’un souci technique et je renouvelle ici la proposition des bénévoles de l’asso des « Sycophantes Videastes » de mettre à disposition de Brest.fr les contenus vidéo et audio qu’ils ont capté (malgré il faut bien le dire la tentative de votre service juridique d’empêcher cette action citoyenne). Brest est l’une des métropoles restantes à ne pas diffuser en direct son conseil…

Bien entendu, nous ne pouvons pas mener ce conseil sans évoquer d’abord une grave affaire qui a secoué le ciel brestois en juillet, impliquant la mairie, ainsi qu’un de ses satellites bien connus. Ce scandale n’a rencontré d’écho que sur les réseaux sociaux et sur un média libre, et n’a pas été relayé, ou seulement à la marge, par la presse locale.

Je vais à ce sujet vous lire des passages issus du média en ayant parlé, brest-médialibres.org . J’imagine que vous le connaissez.

« [Brest] BMH et Coallia s’associent pour déménager des personnes de force. Publié le 12 août 2016 | Maj le 14 septembreAu Forestou, la bataille continue. Au petit matin du Lundi 8 Août, dans le quartier du Forestou à Brest, une famille de personnes exilées logées par Coallia [1] (Association agréée par l’Etat pour prendre en charge les demandeur-euses d’asile et leur logements ) s’est vue notifier un rendez-vous chez ces derniers pour les informer qu’ils devaient déménager dans la journée et être relogés ailleurs. Ce déménagement était au préalable prévu pour septembre mais Brest Métropole Habitat (BMH) en a décidé autrement en accélérant le chantier de démolition de la maison dans laquelle il vivaient . C’est à 10h du matin que la famille aurait du donner son accord (ou pas) pour son déménagement, n’ayant même pas vu leur futur logement. Aucune traduction n’a été faite lors du rendez-vous, et ne parlant pas français, cette famille a donc dû accepter quelque chose qu’elle ne comprenait surement pas très bien. Peu importe l’accord après tout, car c’est à 9h du matin que les déménageurs sont arrivés pour vider la maison, avant même que la famille n’ait signé quoi que ce soit. La présence de soutiens sur place retarde les opérations, mais les cadres de BMH accompagnés de l’huissier habituel de ce genre de procédures expéditives, C. Guéganton, ainsi que du directeur de Coallia, M. le Bars, et de quelques gros bras, finissent par rentrer en force en début d’après midi. Ceux-ci voulant faire l’état des lieux alors même que toutes les affaires des personnes étaient encore dans la maison. Le directeur de Coallia ne manquant pas de notifier qu’il était le locataire de la maison et qu’il faisait ce que bon lui semblait. Illégalement ou pas… Mais cette équipe ravissante n’était pas simplement venue déménager les affaires de la famille. Ils étaient là pour enlever les fenêtres, les portes, et armés de parpaings pour murer celles-ci et les condamner. Ils ont d’ailleurs commencé leurs actions alors même que les enfants étaient en train de faire leur sieste dans les chambres. Condamner la maison, pour être encore une fois certain que des personnes dans le besoin ne puissent pas s’y abriter. Le directeur de Coallia et la police nationale (appelée sur place pour prêter main forte à la charmante équipe) quant à eux ne manqueront pas de dire aux personnes venues en soutien qu’ils « instrumentalisaient les exilés » et honte à eux, car ils gardaient les enfants dans leurs bras en les laissant assister à cela ! (Mais qui est responsable de cela Monsieur le Bars ?) Rappelons que Coallia laisse des dizaines de personnes dormir dans ses couloirs depuis des années, engageant des procédures d’expulsions contre ceux-ci, leur fermant l’accès aux toilettes car « ce ne serait pas cohérent avec une procédure d’expulsion que de leur laisser l’accès aux sanitaires » (paroles du directeur lui même), logeant des personnes dans des logements insalubres (plafonds noirs de moisissures, papiers peints en lambeaux, avec les conséquences que l’on peut s’imaginer sur la santé des habitant-e-s…). Dorénavant ils travaillent main dans la main avec les démolisseurs d’abris de BMH, tout cela n’étant une fois de plus qu’un engrenage dans la machine raciste et xénophobe de l’Etat (…) »

 

On peut s’étonner de telles pratiques, monsieur le maire, alors que publiquement vous affirmez vouloir faire votre part dans l’accueil des réfugiés. De la même façon, on peut s’étonner qu’une ville en train de se vider de ses habitants accueille ainsi des familles qui sont les Brestois de demain. Nous avons tout à gagner à les accueillir dans la dignité.
Ressources :

https://brest.mediaslibres.org/spip.php?article501

Une pensée sur “Intervention préliminaire au conseil municipal du 5 octobre 2016”

Laisser un commentaire