Conseil municipal, demandeurs d’asile et élus silencieux.

Le conseil d’hier a été éprouvant. J’ai lu en début de séance un texte pour les réfugiés et j’ai rappelé le besoin du collectif Aidons les Réfugiés d’avoir un lieu pour stocker les dons. Je n’ai eu AUCUNE réponse bien sûr.

Les demandeurs d’asile et leurs soutiens sont ensuite arrivés. Ils ont été super, ambiance zad un peu taquine et bruyante forcément mais aucune agression (enfin, si, des noms d’oiseaux et interpellations quand le maire refusait de leur répondre). Clowns activistes, musique, avions en papier… avec les militants qui s’asseyaient sur les places libres pour lire les documents de séance, ça avait un petit air de Podemos.

Les élus de la majorité (PS, PC, EELV, PRG, BNC, UDB) sont tous restés silencieux, pendant 4 heures, n’adressant pas la parole aux militants ou aux demandeurs d’asile qui se baladaient dans le conseil et engageaient la conversation partout où ils le pouvaient. Pas un groupe n’est intervenu pour soutenir les demandeurs d’asile ou au moins pour demander une réponse positive ou négative de la part du maire.

Le maire a suspendu la séance pendant près de 4 heures donc. Une personne de la préfecture (« Henriette ») est venue nous expliquer qu’une solution allait être trouvée, que ça prenait du temps. On apprendra ensuite que pas du tout, ils nous faisaient juste poireauter. Le maire reprend alors le cour des votes, sans un mot pour les demandeurs d’asile et fait tout voter à fond dans le brouhaha le plus total (on entend rien, je ne sais même pas ce que je n’ai pas voté). Je prends la parole pour signaler mon refus de prendre part au vote tant qu’une réponse n’aura pas été apportée aux demandeurs d’asile présents. « Démission ! Démission ! » me crient les élus PS.

Le conseil est alors ajourné. Craignant un effet de souricière avec le départ des élus, les militants suivent ces derniers pour sortir par la grande porte. Les socialistes organisent alors le dérapage. J’ai tout vu, mais je n’ai pas eu le temps d’intervenir. Je vous explique : alors que le maire était le plus près de la porte pour sortir rapidement, il descend dans le conseil entouré de sa garde rapprochée. Mécaniquement, cela l’amène au contact des militants, qui s’échauffent. Quelques élus et techniciens fidèles se jettent alors, ventre en avant comme pour protéger le maire (qui n’était cible d’aucune agression physique). Ce faisant, ils bousculent des militants. La pression monte en flèche et une bousculade éclate. Des coups manquent d’être portés. Je me suis alors interposée, parce que la manipulation était grossière : il était évident que le maire cherchait le dérapage. Un adjoint au maire m’a alors prise à partie : « on règlera ça entre 4 yeux, tout ça c’est de ta faute ».

La salle se vide : les élus par une porte, les militants par l’autre. Furieux de l’attente, déçus de la manipulation, ils renversent des liasses de délibération, arrachent trois micros. Je reste avec quelques derniers, face au directeur général des services et au directeur de cabinet. Le mot de la soirée ? Alors que je leur disais : « franchement, c’était quand même pas compliqué de trouver une solution, c’est nul d’avoir fait ça comme ça », l’un des deux me répond : « tu ne pensais pas qu’on allait chercher une solution dans ces conditions ? On trouve une solution aujourd’hui, et demain, ils sont 50 à débarquer ».

Les demandeurs d’asile, en règle, que l’Etat doit légalement héberger, sont toujours à la rue.

 

Une pensée sur “Conseil municipal, demandeurs d’asile et élus silencieux.”

  1. Hier les groupes politiques qui se disaient encore de « gauche » ont perdu tout crédit. A force de s’abaisser constamment pour des strapontins auprès de la droite PS ils ont perdus de vue leurs fondamentaux. On le savait déjà à Brest, on en a désormais la confirmation publique.

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