Conseil municipal 17-12-15

Monsieur le maire, chers collègues

Dernier conseil municipal de 2015 : on peut commencer à faire le bilan d’une année somme toute bien pourrite.

Même pour une geek comme moi la sortie de Star Wars ne suffit pas à me réjouir quand,

En Europe: la victoire de Syriza est suivie d’un acharnement contre le peuple grec ( marqueur d’une volonté politique européenne de remettre en cause la légitimité du scrutin démocratique face aux décisions technocratiques), la honte du traitement que l’Europe inflige aux réfugiés, le rétablissement des frontières, la constructions de murs…

En France: après  l’indicible horreur des attentats, Je suis Charlie du 11 janv est devenu Je suis Paris du 13 nov, dans un étrange glissement sémantique et politique passant de la défense du droit à l’humour et aux blagues anticléricales à la défense d’un territoire, d’une nation au prix de la liberté de ses habitants. On aurait du s’en douter le 11 janv quand, défilant au chant du curé de camaret (qui nous paraissait de circonstance) on nous faisait remarquer qu’on manquait de respect aux morts. Manquer de respect à Cabu et à Wolinsky, c’est pourtant ce que fait chaque jour le gouvernement de Manuel Valls bastonnant les droits de l’homme à coup de drapeau français.

Vient ensuite un inventaire à la Prévert :

Loi renseignement, Loi Macron,  Etat d’urgence, dérapages étatiques contre militants de la Cop 21, les récits glaçants des perquisitions arbitraires. Ah, ben oui, l’état d’urgence est de fait une sortie de l’était de droit. Et quand on sort de l’état de droit, on rentre dans l’arbitraire. Il n’y a pas de demi-mesure, pas de demi-état de droit ou de presque arbitraire…

En Région : sans parler de la mascarade d’un vote en plein état d’urgence, nous nous retrouvons avec un ministre de la guerre qui cumule, comme les ⅔ des élus régionaux, avec même 40% d’entre eux qui ont 3 mandats, en pleine crise démocratique, youhou, fête du slip, mais français, hein, le slip.

A Brest 

Nous avons vu ici les conséquences du délire national des socialistes : des militants de la LDH contrôlés parce qu’ils distribuaient des tracts (mais pas les distributeurs de flyers commerciaux),  le marché de Noel autorisé (mais pas les manifestations pour le climat : ce là ressemble fortement à “obéissez” et “consommez” – les amateurs de science-fiction auront reconnu la référence à Invasion Los Angelès)  … et j’oubliais les défilés des identitaires et les menaces qu’ils font peser sur les militants des droits de l’homme.

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Monsieur le Maire, dans ce climat délétère, je tiens tout de même à vous remercier :  vous avez posé de façon tout à fait louable un discours de raison face aux réactions parfois simplement inquiètes mais bien souvent totalement délirantes suscitées par les discours religieux d’un fameux chef de lieu de culte brestois.

Cependant, je ne peux pas passer sous silence dans cet inventaire quelques décisions purement locales.

Sans revenir sur la méthode et les décisions qui m’ont fait quitter la majorité en juin, je citerai le scandale du projet avorté de la salle de l’Avenir au profit d’un projet immobilier dont la laideur n’est pas le moindre défaut,  la découverte ce matin du budget des assos d’éduc pop baissé de 4% alors qu’on ignore encore la structure budgétaire de 2016, sans DOB, sans infos : j’espère que nous n’allons pas subir ici aussi la logique ultralibérale et court-termiste qui semble devenue la nouvelle doctrine du Parti Socialiste au national. J’espère que l’éduc pop ne va pas payer le prix des paillettes du Stade Brestois et de Brest Evènements Nautiques.

J’oubliais encore, décidément, la Cerise sur le gâteux (Le Pouple) :

nous avons subi tout au long de 2015  Bernadette Malgorn et ses propos flattant en permanence l’électorat du FN (une habitude depuis la campagne de 2014) . Sa stratégie personnelle est difficile à cerner : l’outrance de ses positions droitières fait que je n’arrive pas savoir si elle veut faire monter le FN ou si elle postule pour devenir ministre de Manuel Valls.

Pour conclure, Monsieur le maire, chers collègues :

une bonne nouvelle ! le karma n’existe pas. 2015 n’est pas une année pourrie par hasard ou malchance. Nous avons voté pour François Hollande. Nous n’avons pas ou peu bougé alors qu’on nous rognait notre modèle social et notre démocratie.

Alors pour 2016, je nous souhaite à tous de retrouver notre envie de faire, notre pouvoir d’agir et notre courage pour regagner nos libertés, reconquérir nos acquis sociaux, et sauver notre démocratie.

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