Et pourtant je m’élève, par Maya Angelou

Le conseil municipal du 11 mai a voté pour une rue au nom de Maya Angelou, magnifique poétesse noire américaine, une militante des droits civiques, des droits humains. L’un de ses poème, « And Still I Rise », est une ode lancinante et fière pour la femme noire américaine.  J’ai lu ce poème en conseil, en hommage à la poétesse, mais aussi au combat d’Assa Traoré que m’évoquent ces vers.

#Justice pour Adama.

Et pourtant je m’élève, par Maya Angelou

Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,

Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?

Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.

Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.

Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?

Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.

Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?

Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

Traduit par Olivier Favier. Extrait du recueil And still I rise, 1978.

 

 

Merci Patron !

 

Ce 11 mai 2017, le conseil municipal de Brest, à la quasi-unanimité –moins ma voix- a voté le renouvellement du contrat de Délégation de Service Public (DSP) à la Sodexo. Le délégataire n’avait qu’un seul concurrent, aux propositions très légèrement différentes, à l’exception notable des « frais de siège et de structure » plus de 2 fois plus élevés pour la Sodexo.

Au-delà des discours convenus sur la satisfaction de voir le bio porté à 60 ou 80% des produits, il convient de rappeler que l’entreprise Sodexo est une entreprise aux pratiques souvent épinglées (voir l’article Sodexo, une histoire de casseroles , de Benoît Bréville et Léonard Sompairac, in Le Monde Diplomatique, août-septembre 2015) : inégalité des salaires (le PDG gagne 170 fois plus que le salaire plus bas de l’entreprise), scandales alimentaires, corruption passive des élus de Charleroi, laxisme sur l’hygiène des cantines marseillaises…

La Sodexo c’est aussi 250 dossiers de sans-papiers illégalement licenciés portés devant la justice par la CGT en 2016.

La Sodexo c’est enfin son fondateur Pierre Bellon, 291ème fortune mondiale (classement Bloomberg Billionaires Index) avec pas moins de 5,5 milliards de dollars (2 milliards en 2010). La fortune de cet heureux membre du club des 500 personnes les plus riches du monde vient directement, toujours d’après Bloomberg, de la Sodexo, qui restera d’ailleurs dans le giron de la famille Bellon jusques 2058. Les quatre enfants Bellon sont ainsi tous employés de l’entreprise, la fille Sophie Bellon en étant même présidente depuis 2016. Sodexo tient à cette image d’entreprise familiale, qui séduit les élus et permet de faire oublier le gigantisme de la multinationale qui œuvre aussi bien dans la restauration scolaire que dans celle des prisons américaines… Le récit fondateur de Sodexo est d’ailleurs bien rôdé, qui met en avant les débuts artisanaux du « self made man » dans le garage de son oncle. Si le « garage du tonton Fernand » est souvent cité dans les articles à la gloire de Pierre Bellon, on trouve nettement moins de mention de sa luxueuse demeure de Gémenos, dans la périphérie de Marseille.  A peine celle-ci est-elle évoquée dans un article de l’Express sur la haute et très haute bourgeoisie marseillaise de l’ère post-Deferre.

Chaque euro dépensé par les familles brestoises pour la cantine scolaire ira donc enrichir directement ce multi-milliardaire marseillais, avec le soutien affiché des élus communistes et écologistes , ou encore de Patrick Appéré (BNC).

Nul doute qu’on peut alors laisser le mot de la fin à Pierre Bellon lui-même, et au titre évocateur de son autobiographie : « Je me suis bien amusé ! ».

 

Budget 2017 et open data.

Ceux qui s’intéressent un peu aux documents financiers de la Ville et de la Métropole de Brest le savent : les documents sont peu accessibles (le site Brest.fr   n’en propose que quelques années) et surtout ils sont proposés en format pdf, ce qui n’est pas exploitable. Les élus le reçoivent d’ailleurs sous cette forme, pire, sur une application pour tablette Apple (KBOX) qui ne permet pas l’extraction, et qui ne permet pas non plus les filtres ou opérations possibles avec d’autres formats et d’autres outils. La dématérialisation sous couvert d’ « économie de papier » pouvait sembler une bonne idée au départ, mais les choix techniques faits nous emmènent vers une très grande opacité.

Après de nombreuses et vaines requêtes pour obtenir le budget au moins en format tableur, après même une interpellation des élus concernés en conseil municipal, je me suis tournée vers la communauté de Mastodon (ce réseau social émergent qui dépote et propose une alternative libre et ouverte à Twitter, mais je m’égare). Je cherchais une solution pour proposer le budget -pour commencer, la partie concernant les subventions aux associations et autres- en format odt, csv, xml. Sur les conseils de nombreux « mastonautes » j’ai utilisé le logiciel Tabula, développé pour les besoins spécifiques des journalistes d’enquêtes. L’outil n’est pas parfait, mais il m’a permis de « libérer » ce budget en quelques heures (3h30 précisément), avec essentiellement du travail de remise en forme.

Voici donc le résultat de ce travail : le budget prévisionnel 2017 de la Ville de Brest des pages 137 à 150 du pdf téléchargeable sur le site de la Ville, aux formats ods et csv  est disponible sur la page Open Budget de ce blog.

EDIT : suite à ces publications et à une nouvelle demande aux élus concernés, les budgets 2014-2017 en xml, csv, xls sont disponibles, toujours sur la page Open Budget.  Leur lisibilité sera améliorée par la publication prochaine des explications des entrées des tableurs.

Election présidentielle

#SansMoiLe7Mai

Ce hashtag qui fleurit depuis hier soir, en réaction à la stupeur de voir à nouveau un duel droite / extrême droite au second tour de l’élection présidentielle illustre parfaitement la fin de l’illusion du « front républicain ».

A Partage Solidarité, nous avons pour la plupart voté Philippe Poutou. Certains se sont abstenus aussi. Mais aucun d’entre nous n’ira voter Macron ou Le Pen au second tour.

Que l’ultra-libéralisme se débrouille face au fascisme, notre combat n’est pas là. « Nos luttes et nos rêves »1 : , c’est au quotidien et c’est dans la rue qu’ils s’exprimeront.

Pour l’accueil des exilé.e.s, pour la paix, pour la protection de la biodiversité, pour nos acquis sociaux passés et à venir ! Luttons !

 

1. « Les luttes et les rêves : une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours« , par Michelle Zancarini-Fournel, Zones, 2017.

Stationnement vélo aux Capucins, lettre au Président de Brest Métropole.

 

Objet : stationnement vélo aux Capucins.

Monsieur le Président,

Même si je ne doute pas que vous soyez parfaitement au courant de la situation, je tiens à nouveau à vous faire partager les difficultés rencontrées par les cyclistes qui se rendent aux Capucins (oui, Monsieur Le Président, il y a des cyclistes à Brest, et nul doute qu’une enquête ménage réalisée comme il se doit en montrerait l’importance numérique) : en effet, aucun stationnement vélo n’est installé et les équipements de type «rambardes d’escaliers » et autres « gros poteaux industriels », quoique fort jolis, sont hélas non prévus à cet effet, et loin de pouvoir satisfaire aux besoins des usagers de la bicyclette.

J’ai déjà soulevé ce problème en Conseil de Métropole, et votre Vice-Président aux transports m’avait alors assuré-promis-juré qu’il était prévu une installation de 80 arceaux. Les mois passent, les Capucins s’étoffent, mais toujours aucune installation pour les vélos. Un oubli, peut-être ?

Les Capucins sont une véritable réussite en terme d’usages populaires et d’appropriation par les habitants : les jeunes et moins jeunes sont nombreux à y venir en rollers, trottinettes, vélos. Oui, pardon, j’allais oublier, en téléphérique aussi. Mais si la Médiathèque des Capucins est équipée d’un espace pour recevoir les usagers en rollers ou en trottinettes, rien n’est prévu pour les vélos, et le bricolage actuel consistant à stocker les vélos devant l’entrée ne pourra pas durer bien longtemps.

Je vous demande donc à nouveau des précisions sur l’installation annoncée de ces 80 arceaux : quels sont les délais ? Quelles solutions temporaires peuvent être mises en place par la collectivité en attendant ? Ces questions nous amènent au sujet de fond : quelle prise en compte des modes de déplacements non polluants (et non aériens, hein, je précise) dans le nouveau quartier des Capucins ?

Il est en effet frappant de voir que ce nouveau quartier, dépourvu de tout espace pour stationner les vélos est, en revanche, saturé de voitures garées sur les trottoirs, au mépris des autres usagers, et notamment des personnes à mobilité réduite. A ce propos, peut-être l’ignorez vous, mais le slalom en fauteuil ou en poussette entre un trottoir envahi de voitures et la route n’est absolument pas une discipline olympique reconnue et il n’y a aucune chance de voir Brest pouvoir en tirer quelque gloire, bien au contraire.

D’autres questions se posent donc : le parking souterrain, dont il a récemment encore été décidé de ne réaliser qu’un seul des trois niveaux prévus, est-il déjà saturé ? Les habitants riverains ont déjà tenté d’alerter la collectivité sur ce sujet, y compris par voie de presse. Suite à ces interpellations, quelles solutions sont à l’étude ?

En espérant que vous serez en mesure de répondre à toutes ces questions, vitales pour notre collectivité qui ne peut rester coincée à l’ère des énergies fossiles et du Tout-Bagnole, veuillez agréer, Monsieur le Président, mes sincères salutations.

Un conseil de mi-mandat…

Monsieur le maire, chers collègues,

c’est un conseil un peu spécial aujourd’hui, puisque nous allons voter au sujet du budget de mi-mandat. Bien sûr, je ne m’attendais pas en 2014 à passer ce mi-mandat dans les rangs de votre opposition de gauche. Mais bon, personne ne s’attendait non plus à ce que M. Pellicano le passe en tant qu’adjoint après avoir été votre opposition… de droite. Alors certes, cette opposition de gauche que je représente seule semble un peu isolée pour le moment, mais comme mes anciens camarades d’EELV vont certainement tenir l’engagement fait devant leurs militants de partir en autonome en 2020 et pour cela de quitter votre majorité à l’horizon 2019, les rangs devraient s’étoffer un peu. D’ailleurs, il est de notoriété publique que des rencontres ont déjà eu lieu entre les membres minoritaires de votre majorité à ce sujet… La seconde partie de votre mandat risque donc d’être aussi agitée de la première…

A propos d’agitation, ce sont les 1 an du conseil de mars 2016, qui avaient vu 2 sujets s’imposer à vous, des sujets finalement assez tenaces et qui risquent d’entacher durablement votre mandat. D’abord celui de Brest 2016 et de l’éjection de son directeur : il y a un an Mme Malgorn vous demandait en effet combien allait coûter à la collectivité ce licenciement, sans réponse de votre part. L’association Brest Événement Nautique dont vous êtes le président a d’ailleurs déjà été condamnée aux prudhommes sur la forme à 15 000 euros pour procédure dilatoire. Un article de Marianne, publié entre temps, a permis de mieux comprendre que les dessous de ce licenciement semblent bien plus sordides qu’une simple affaire de ressources humaines.

Le second sujet était bien sûr celui des exilés, qui étaient venus appeler à l’aide après plusieurs mois passés dans les couloirs de Coallia, sans lits, sans sanitaires, malgré la présence de très jeunes enfants. Accompagnés de militants des droits humains, ils étaient venus partager leur détresse. On se souvient qu’ après leur avoir fait miroiter la recherche d’une solution, vous aviez choisi de traiter par le mépris leur souffrance. Un mépris doublé quelque mois plus tard d’une véritable violence avec leur expulsion des maisons dans lesquels ils avaient trouvé refuge. Maisons détruites dans la foulée, sous les yeux des enfants exilés. Bon, ce qui est assez dommage, c’est que la justice a jugé cette expulsion illégale. Mais les maisons étant détruites, les exilé.e.s n’ont pas pu les réintégrer. Reconnaissez que c’est ballot. On serait méfiant ou pire, pernicieux, on pourrait croire que cette destruction hâtive avait pour but d’éviter justement un relogement après la décision du tribunal. Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’un an après, rien n’a été mis en place pour permettre un accueil digne des exilé.e.s sur Brest. Pire, vous avez joué la carte sordide de « l’appel d’air » pour expliquer votre inaction en la matière.

Sans vergogne, vous avez assisté hier au meeting du candidat socialiste, un candidat qui tient pourtant un discours clair contre les affaires et pour l’accueil des exilé.e.s. Mais bon, ça n’est pas plus étonnant que de voir les élus PC et BNC soutenir un candidat anti-austérité tout en votant un budget qui, on va le voir baisse la subvention au CCAS et augmente celle à la société anonyme du Stade Brestois. Après tout, dans une République qui permet au candidat de Mme Malgorn de se présenter à l’élection présidentielle tout en étant inculpé pour des faits graves concernant de l’argent public, tout ceci c’est assez logique…

Monsieur Polard, ou le retour vers le futur des années 80.

A l’occasion d’un article sur la sécurité routière aux alentours des écoles brestoises, sujet sensible s’il en pour notre ville,  le vice-président en charge des aménagements, Jean-Luc  Polard, s’est fendu d’une petite phrase : « je n’aime pas les automobilistes qui se garent n’importe  comment,  mais je n’aime pas les cyclistes qui roulent à contresens,  ou les piétons qui surgissent entre les barrières ». (Le Télégramme du 10/02/2017).

Cette petite phrase cumule l’odieux et l’irresponsable tout en instillant sournoisement un mensonge qui ferait des piétons et des cyclistes les responsables des accidents.  Pourtant les données brestoises d’accidentologie  sont sans appel : les automobilistes provoquent les accidents, les plus nombreux et les plus graves. Ils ne se contentent pas de « se garer n’importe comment » : ils blessent, tuent, les plus vulnérables qui sont les enfants de 8 à 11 ans et les personnes âgées.

L’aversion de monsieur Polard pour les cyclistes et les piétons n’est un secret pour personne dans la collectivité, ni parmi les élus. Il multiplie les plaisanteries douteuses sur le sujet,  et surtout il impulse une politique sciemment « pro-bagnole » basée sur une vision de la ville qui date des années 80 (décennie qui l’a vu rentrer au conseil municipal, il y a 35 ans). Il œuvre ainsi pour le retour de la voiture en centre-ville (stationnement gratuit, voies  rapides et autres parkings en surface) et le maintien des autres modes de déplacements en marge des usages (opposition au passage à 30km/h de certaines voies dangereuses), au mépris des enjeux climatiques, de la santé et de la sécurité des habitants.

On attend bien entendu la réaction de Yann-Fanch Kernéïs, élu EELV délégué à la politique piéton/vélo, qui remettra certainement Monsieur Polard à sa juste place : au garage.

Conseil de métropole du 3 février 2017, le Débat d’Orientations Budgétaires.

Monsieur le Président, chers collègues,

Le vendredi 25 janvier dernier se tenaient nos commissions avant le conseil de métropole. Vous en avez déplacé la tenue par un simple mail signé des services la veille et sans nouvelle convocation officielle, au prétexte de la signature (inopinée sans doute) du Pacte Etat/Métropole et de la venue des ministres particulièrement impopulaires aux yeux du peuple de gauche : Mme El-Kohmri, M. Cazeneuve, et M. Le Drian. Notre règlement intérieur stipule que nos conseils et commissions doivent faire l’objet d’une convocation en bonne et due forme signée de votre main. J’ai donc signalé par mail à l’ensemble des groupes de ce conseil mon refus de participer aux commissions dans ces conditions. Le règlement intérieur devrait peut-être être enrichi d’un paragraphe sur les délais minimum de modification de tenue des commissions et précisant les modalités d’information des conseillers.

J’ai fait la démonstration, en conseil de ville de Brest de la difficulté posée par le mode de présentation de vos rapports d’orientation budgétaire, qui faisait par exemple croire à des difficultés sur l’épargne brute là où la réalité nous amenait en fait au niveau de 2009. Là encore, nous nous retrouvons avec un document de synthèse qui est difficilement compréhensibles pour ses destinataires principaux, à savoir les élus et les citoyens.

Ainsi, les données qui nous sont fournies sont présentées différemment d’une année sur l’autre : par exemple les chiffres de l’épargne brute sont ici présentés à la décimale près, tandis que dans votre rapport de 2016 ils étaient arrondis… nous nous retrouvons ainsi avec des données différentes pour parler de la même chose.

Plus tendancieux, je n’oserais dire pernicieux, les figures et tableaux qui sont censés nous éclairer pour comprendre votre démonstration sur l’état de nos finances ouvrent systématiquement des périodes différentes.

Enfin, les documents des années antérieures à 2016 n’étant pas en ligne, il est impossible au citoyen de vérifier vos données, sauf à se tourner vers les sites du gouvernement, dont les chiffres ne coïncident pas avec eux qui nous sont ici fournis.

Enfin, en guise d’orientation budgétaire, nous nous trouvons bien affamés devant la faiblesse des éléments qui nous sont ici présentés, notamment en terme de fonctionnement.

Pour résumer : les données fournies sont invérifiables et présentées de façon certes lisible, mais non intelligible, e qui ne favorise pas un débat d’orientation budgétaires éclairé. De plus sans véritables orientations proposées, il est bien difficile aujourd’hui de dire à quoi ressemblera le budget que vous allez présenter dans quelques semaines.

Enfin, dans cette ère où les mots n’ont plus de sens, on vient d’entendre Mme Abiven [NDLA  : Vice-Présidente aux Finances, PS] parler « modernisation et innovation du service public », là où il serait honnête de dire que vous comptez supprimer des postes et baisser les subventions. Les habitants de la métropole ne s’y tromperont pas et seront assurément vigilants lors de la présentation du budget 2017.

Nous ne nous laisserons pas imposer une politique austéritaire, de droite par essence, sans réagir. Le vote de dimanche dernier a montré qu’ici particulièrement les habitants savent que votre ligne vallsiste n’est pas de gauche et n’est pas désirable.

Conseil de métropole du 3 février 2017, propos introductifs.

Monsieur le Président, chers collègues,

Tout d’abord je veux remercier les associations présentes pour la clarté et la précision de leurs remarques sur les trois projets dénoncés, au contraire des réponses déplorables et toutes technocratiques apportées par Thierry Fayret et Eric Guellec [NDLA : respectivement PS et PC].

Monsieur le Président, nous avions de nombreuses raisons d’être interpellés ce soir,

  • entre la mobilisation des riverains, qui cherchent à préserver des éléments essentiels de ce que vous appelez dans vos opérations de communication la « trame verte et bleue », et que vous n’avez de cesse de détricoter, en favorisant des projets immobiliers nuisibles,
  • la mobilisation des paysans bio de Traon Bihan, qui dénoncent avec des centaines de soutiens, un urbanisme absurde qui veut remplacer des terres agricoles bio pour un éco quartier,
  • ou encore la grève des salariés de Bibus, qui luttent pour de meilleures conditions de travail et de rémunération,
  • Ou enfin, les dysfonctionnements récurrents du téléphérique qui font de Brest la risée de tous…

Toutes ces mobilisations et dysfonctionnements sont symptomatiques des maux de notre collectivité, entre des projets immobiliers nuisibles pour les riverains comme pour l’environnement, un urbanisme qui ne tient pas compte du fait que notre métropole a pour centre une ville classée par les géographes comme « cité rétrécissante », une gestion des services publics à la solde de l’actionnariat via les Délégations de Services Publics, dont on rappelle qu’elles sont régulièrement critiquées par la Cour Régionale des Comptes.

Monsieur le Président, chers collègues, Il est temps de cesser de penser la métropole contre ses habitants.

Il faut trouver et utiliser les moyens légaux pour empêcher les projets immobiliers qui dégradent nos lieux de vie,

il faut suspendre les décisions d’urbanisme illogiques et destructrices, et il faut cesser les modifications régulières du PLU qui en affectent la cohérence,

il faut sortir au plus vite des DSP qui mettent les services publics dans une logique de rentabilité au service d’actionnaires et non pas au service des usagers, le tout au détriment des salariés sous pression.

Tout ceci est réalisable, ce ne sont pas des propositions utopistes. Monsieur le Président, vous avez entre vos mains tous les outils pour répondre concrètement à toutes ces questions.

Boycott : Commissions métropole

Vous trouverez ci-dessous un mail envoyé au Président de métropole et à l’ensemble des groupes justifiant mon refus de participer aux commissions avant conseil de métropole.

 

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les conseillers,
vu l’article 28 du Règlement Intérieur du conseil de métropole (C 2014-09-155), stipulant « la convocation aux réunions des commissions indique la date, l’heure et le lieu de l’ensemble des réunions. La convocation est signée par le Président ou la (les) personne(s) délégué(es) par lui à cet effet« ,
– vu la convocation datée du 20 janvier et signée du Président indiquant la tenue desdites commissions le 27 janvier à 17h,
je m’étonne qu’un simple mail reçu de la part du Service des Assemblées le 26 janvier à 16h et non accompagné d’une convocation en bonne et due forme puisse légalement faire office de nouvelle convocation et ce, 25h avant la tenue d’une commission plénière majeure nous présentant le Débat d’Orientation Budgétaire 2017.
De plus, la raison invoquée (signature du Pacte Etat Métropole) interpelle. En effet, la date de cette signature n’était-elle pas connue suffisamment à l’avance pour nous convoquer selon les règles (un ancien Premier ministre venant bien à propos de rappeler que lui-même « a toujours respecté les règles« ), règles que nous avons votées le 18 septembre 2014, et dont vous vous faites fort de nous rappeler l’importance à chaque conseil de métropole ?
Considérant donc que nous n’avons pas été convoqués dans le respect de notre règlement intérieur, je vous fais part par la présente de mon refus de participer à cette commission plénière, dont la légitimité est contestable.
Bien respectueusement,
Julie LE GOIC
conseillère de la métropole
Partage Solidarité